Deux nouvelles initiatives contre la fermeture de la radiothérapie de la Roseraie

Une lettre de Jack Ralite à Marisol Touraine et un rassemblement devant l’Assemblée Nationale

jeudi 19 mars 2015

Aubervilliers, le 19 mars 2015
Monsieur Jack Ralite, Sénateur honoraire, Maire honoraire d’Aubervilliers et ancien Ministre de la Santé (1981 à 1983) s’est adressé à Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes au sujet du centre de radiothérapie d’Aubervilliers.

Madame la Ministre,

Je me permets de vous écrire à propos d’une décision de l’Agence Régionale de la Santé
concernant la clinique de la Roseraie à Aubervilliers qui me semble être marquée par une injustice.

Résumons cette décision.
La Roseraie a un service de radiothérapie et avait décidé l’année dernière d’acquérir un appareil à la pointe du progrès. Tout le monde s’en félicitait, les médecins qui avaient un outil très efficace dans le traitement du cancer et surtout les patients d’Aubervilliers qui étaient satisfaits d’une avancée dans le traitement de leur cancer.
La machine n’a pas un an d’usage et le service qui la possède est jugé sur précisément moins d’un an. 440 malades ont été traités alors que « la norme » en prévoit 600. A l’évidence ce chiffre aurait été atteint si la statistique avait considéré l’année entière.

Mais même si l’on considère les chiffres d’aujourd’hui je ne peux que remarquer deux choses :
1. La machine de la Roseraie est la seule qui existe en Seine-Saint-Denis.
2. La ville d’Aubervilliers est une ville dont le niveau de vie de la population la classe avant
dernière des 100 premières villes de France. Je veux dire par là que le recours à des décisions inégalitaires prendrait en compte cette situation inégalitaire qui n’est pas sans écho dans le domaine de la santé.

Permettez-moi de faire allusion au passé. Chaque fois qu’une décision importante hospitalière a été envisagée dans cette ville et par cette ville, les autorités de tutelle l’ont soit mise en sommeil, soit purement et simplement supprimée. Je fais allusion au projet d’hôpital sur le Fort d’Aubervilliers, qui fut programmé, puis écarté lors du septennat de M. Giscard d’Estaing. Mme Veil, ancien ministre de la santé, a parlé à ce propos d’une injustice à l’égard de notre ville. Qui plus est, ce projet d’hôpital a été repris en 1982 avec des dimensions restreintes, mais a été déclassé dans l’ordre des constructions hospitalières.

Dans notre ville tout pas en avant a toujours été le résultat de l’action de la population qui
manifesta nombreuse à cette époque. Mais la direction de l’Assistance Publique en complicité avec le ministère des affaires sociales n’en tint pas compte et annula purement et simplement le projet.

L’émotion est grande aujourd’hui dans la ville, elle se sent touchée dans sa dignité.
J’avais pensé rester en dehors des questions de santé après mes fonctions ministérielles. Mais là je dis, trop c’est trop. Il faut cesser d’utiliser l’arithmétique abstraite pour régler les problèmes, en tout cas, ce problème. Je vous sais attentive aux dimensions sociales de la santé.

C’est pourquoi je sollicite votre intervention pour corriger la décision de l’Agence Régionale de la Santé.

Croyez, Madame la ministre, en mes sentiments les meilleurs et en ma vive espérance d’une décision positive attendue par tous ceux que ce projet concerne.

Jack Ralite

Ce jeudi 19 mars après-midi, une mini-manif surprise a eu lieu devant l’Assemblée Nationale. Des personnels du centre de radiothérapie (qui risquent de se retrouver au chômage à la fin du mois de mars), des élus (M. Derkaoui, M. Mercader, JJ. Karman, K. Kamala, F. Chouder) et des habitants ont déployé des banderoles devant l’entrée de l’Assemblée.

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Avec une sono, des sifflets et des sirènes en en distribuant des tracts, ils ont alerté les députés et les passants sur la situation imposée par la fermeture de la radiothérapie d’Aubervilliers.

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Avant d’être refoulés au bout d’une demi-heure par la police, ils ont pu rencontrer un représentant du groupe UMP et un représentant du groupe Front de Gauche, les autres groupes n’ayant pas jugé utile de se déplacer.

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6 Messages

  • en complément au courrier de Jack Ralite, François Asensi, député Front de gauche de Tremblay, a posé une question écrite à Marisol Touraine :

    M. François Asensi interroge Mme la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des femmes, sur la fermeture du centre de radiothérapie ORNEP au sein de la clinique la Roseraie (Hôpital européen Paris – La Roseraie), à Aubervilliers.

    La décision de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France de retirer son autorisation d’activité ne semble pas correspondre à des objectifs de santé publique. En effet, après cette fermeture, il ne restera que deux centres de radiothérapie pour l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, un à Montfermeil, et un autre à Bobigny. Selon les termes mêmes de la Ligue Contre le Cancer, l’accès aux soins sera détérioré dans le département, car cette fermeture est précipitée, sans réflexion sur un plan de rechange. Faut-il rappeler que le taux de pauvreté de la Seine-Saint-Denis est l’un des plus importants du pays, que les facteurs de risque et les dépistages trop tardifs y sont les plus répandus. Cette diminution immédiate de l’offre de soin ne peut avoir que des conséquences néfastes sur les conditions de traitement dans les deux centres restants.

    Par ailleurs, ce centre venait d’investir 5 millions d’euros pour l’achat d’un nouvel appareil de dernière génération, permettant de détruire les cellules cancéreuses sans détruire les organes sains. Il n’y en a que deux appareils de ce type dans toute l’Ile-de-France, dont l’un est donc désormais inaccessible. L’autre est dans le Val-de-Marne. Cet investissement, réalisé en 2013, faisait suite à une autorisation de l’ARS donnée en 2012. Ce revirement est donc aussi un grand gâchis économique. Il souhaiterait donc connaitre les solutions proposées par le gouvernement pour garantir la pérennité de ce centre de radiothérapie à Aubervilliers.

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  • Il n’y a pas qu’à la Roseraie que les menaces de fermeture se font sentir.
    Martin Hirsch le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a confirmé la transformation des hôpitaux Bichat et Beaujon dans un hôpital Nord 2 » et « la réalisation du nouvel hôpital Lariboisière-hôpital Nord 1 ». L’hôpital Nord 2 résulterait de la fermeture des hôpitaux Bichat et Beaujon, qui offrent aujourd’hui 1 400 lits d’hospitalisation, pour ouvrir… 1 000 lits dans le nouvel hôpital.
    400 lits en moins par la restructuration des hôpitaux Bichat et Beaujon en un seul hôpital et 108 lits en moins par la restructuration de l’hôpital Lariboisière (hôpital Nord 2)…
    CE SONT DONC 508 LITS EN MOINS POUR LE NORD DE PARIS
    Selon Martin Hirsch lui-même, « l’ensemble du système hospitalier doit réaliser des efforts pour apporter sa contribution à la maîtrise et à l’efficacité des dépenses publiques ».
    « L’efficacité des dépenses publiques », cela s’appelle le « pacte de responsabilité », c’est-à-dire 41 milliards d’euros de baisse de charges sociales et d’impôts pour les patrons !
    Avec Marisol Touraine et son plan santé nous sommes engagés dans une diminution sans précédent de l’offre de soins et des capacités d’hospitalisation de proximité. Sans réaction, tout cela se mettra en place au nom de la réduction des déficits budgétaires.

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  • Et les 4 saisons et l’espace Fraternité et l’Embarcadére comme salle de spectacles programmés....

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  • Comparer l’utilisation de salles de spectacles comme "l’Embarcadère" ou l’espace "Fraternité" avec la suppression de lits d’hôpitaux et la remise en cause de l’offre de soins de proximité à des malades touchés par le cancer, il faut vraiment oser ! Comme disait Michel Audiard : "Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît".

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  • Une lettre de Jack Ralite à Marisol Touraine et un rassemblement devant l’Assemblée Nationale Le 1er mai 2015 à 10:45, par Effectivement, c’est pas fini !

    L’hôpital Bichat est en danger, c’est maintenant une certitude. Dans le cadre du projet de l’hôpital Nord du Grand Paris, ce sont les urgences, la maternité, ainsi que la majorité des services et des centaines de lits qui vont disparaitre.
    Et il faut croire que ceux qui prennent les décisions depuis leurs beaux bureaux du ministère ou de l’ARS n’ont pas jugé utile de demander son avis à la population et aux malades !

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  • Les 3,8 milliards d’euros de crédits supplémentaires accordés au ministère de la Défense sur les quatre prochaines années devront être compensés par des économies, notamment dans le logement ou la santé, a déclaré jeudi 30 mai le ministre des Finances, Michel Sapin, sur Europe 1. Même en étant très adroit, Hollande va avoir de plus en plus de difficultés à nous faire croire qu’il est de gauche.

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