Article de BFM TV sur la manifestation du 13 décembre

Des élus de Seine-Saint-Denis, "plumés de l’austérité", défilent à Paris

dimanche 14 décembre 2014

Elus et habitants de Seine-Saint-Denis, regroupés dans le collectif "les plumés de l’austérité", ont convergé samedi vers Paris pour dénoncer les baisses de dotations budgétaires de l’Etat aux collectivités.

Une centaine d’élus et habitants de Seine-Saint-Denis ont manifesté samedi devant l’Assemblée nationale à l’issue d’une marche destinée à dénoncer la baisse de la dotation budgétaire de l’Etat aux collectivités locales,.

Les manifestants, partis samedi midi sous la pluie de différentes villes du 93, dont Stains, Montreuil et Saint-Denis, sont arrivés vers 16h devant le Palais Bourbon, derrière une banderole "Les plumé-e-s de l’austérité se rebiffent".

"On est là pour exprimer notre colère et réclamer le respect", a lancé le maire PCF de Stains, Azzedine Taïbi, écharpe tricolore sur l’épaule avant d’ajouter : "la baisse de la dotation va avoir un effet catastrophique dans nos villes. Elle va toucher directement les populations."
Une perte de 3 millions de budget d’ici 2017 ?

Selon ses calculs, sa commune devrait perdre 3 millions d’euros d’ici à 2017, sur un budget de 51 millions d’euros. "C’est l’équivalent du fonctionnement d’un centre municipal de santé", assure l’édile, qui redoute d’avoir à fermer le "centre culturel" de la ville ou bien "sa piscine".

Pour le maire d’Aubervilliers Pascal Beaudet (PCF), la baisse des dotations va rendre "intenable" la situation financière dans de nombreuses communes. "On ne sait pas comment on va faire pour boucler le budget", estime l’élu de cette ville de 75.000 habitants parmi les plus pauvres de France.
Des élus à poil contre l’austérité

Le collectif des "plumés de l’austérité" est à l’origine de plusieurs initiatives décalées pour dénoncer la baisse des dotations de l’Etat. Fin novembre, des élus de l’Ile-Saint-Denis avaient posé en petite tenue pour une photo symbolique. Quelques jours plus tôt, le maire de Stains s’était mis "en grève" pour les mêmes motifs. Les dotations budgétaires versées par l’État aux collectivités territoriales baisseront de 11 milliards d’euros à horizon 2017, à un rythme régulier de 3,7 milliards par an.

Cette baisse a provoqué l’ire de nombreux élus locaux, notamment de maires communistes et écologistes de banlieue, qui font valoir que leurs villes ont des besoins spécifiques et dépendent plus que d’autres des aides de l’État. Le projet de loi de finances 2015, qui comprend un peu plus des 21 milliards d’euros d’économies, doit être voté définitivement avant la fin de la semaine prochaine par l’Assemblée.
Écrit par M. P. et V.R. avec AFP

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