Budget 2015 : Le Front de gauche à l’initiative

dimanche 19 octobre 2014

Une nouvelle assemblée citoyenne consacrée aux enjeux du budget 2015 soumis dans les prochaines semaines au vote du parlement s’est déroulée mercredi 15 octobre à l’école Robespierre. Plus de 70 personnes ont répondu à l’invitation.

Pour éclairer le contexte dans lequel ce budget est élaboré, la soirée est introduite par un court exposé présenté par l’économiste Pierre Ivorra [1], journaliste à l’Humanité.

En quelques chiffres, celui-ci montre l’ampleur des prélèvements que la finance (ce nouvel ami du président) réalise au détriment des investissements productifs, du développement des services publics, des besoins en matière d’emploi et de formation dans notre pays.

Or souligne-t-il, la finance se nourrit des comptes bancaires et de l’épargne des salariés de notre pays. Il est donc plus que légitime de disputer à celle-ci l’usage qu’elle en fait. Et l’on voit à quels déséquilibres nous conduit la financiarisation de notre économie à l’aide de deux chiffres : en France de mars 2009 à mars 2014, le PIB de notre pays s’est accru de 5,3% alors même que l’indice des valeurs boursières du CAC 40 progressait dans le même temps de 71,1% engraissant ainsi les actionnaires dans les mêmes proportions. Tout est donc en place pour qu’une nouvelle bulle spéculative n’éclate à nouveau.

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Les solutions passeront donc nécessairement par la remise en cause de ces logiques.

D’une part par un rôle nouveau accordé aux salariés dans la gestion de leurs entreprises et une tout autre politique financière constituée autour d’un grand pôle de ressources visant à favoriser le développement des services publics, l’emploi, la formation et les qualifications, les investissements utiles orientés vers la transition écologique et un rôle nouveau de la Banque centrale européenne qui devra consacrer l’essentiel de ses moyens à mettre à disposition des états des crédits à faible taux permettant de réduire l’endettement et de soutenir les projets utiles à tous.

Après un échange avec le public, Anthony Daguet, expose ce que pourraient être les coupes claires que le projet de budget de l’Etat imposerait, s’il était ainsi approuvé, coupes claires dans les budgets de la Sécurité sociale, les dotations budgétaires aux collectivités territoriales, l’emploi dans les différentes fonctions publiques, etc...

Anthony Daguet abordant la dimension proprement politique de la période, met l’accent sur les possibilités de réaliser de larges rassemblements pour faire barrage aux politiques austéritaires et sociale libérales impulsées par Manuel Valls et d’ores et déjà contestées au sein même de sa majorité par un nombre croissant de parlementaires et de militants de son parti. Nous sommes disponibles note A. Daguet pour agir avec toutes celles et tous ceux qui ne renoncent pas aux changements progressistes et à la mise en œuvre d’une vraie politique de gauche pour notre pays.

Parmi les intervenants, Pascal Beaudet, maire d’Aubervilliers, pointant le budget de l’Etat, alerte sur les conséquences directes qui en résulteront pour le budget de la ville qui serait privé de 2,5 millions d’euros de ressources si ces réductions de dotations étaient confirmées. Une somme conséquente à laquelle il faudra ajouter l’impact de dépenses nouvelles non prises en charge par l’Etat telles celles occasionnées par la réforme des rythmes scolaires.

Une volonté se dégage des interventions qui se répondent, ne pas se laisser faire, informer la population et avec elle engager les actions nécessaires pour que le gouvernement renonce à faire supporter aux communes, et singulièrement à la commune d’Aubervilliers des mesures d’austérité supplémentaires.

Un engagement dont nous aurons à reparler rapidement.

Alain Bascoulergue

Notes

[1auteur de l’ouvrage récent "La finance au pas" éditions Le temps des cerises

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