Hommage aux algériens assassinés le 17 octobre 1961

mercredi 15 octobre 2014

Le 17 octobre 1961 rappelle à quel point la violence et le crime d’Etat sont indissociables du colonialisme. Pour avoir manifesté pacifiquement ce jour-là par dizaines de milliers contre un couvre-feu illégal et scandaleux visant exclusivement les Algériens, 11 000 personnes furent arrêtées et selon les recherches actuelles au moins 200 personnes tuées dans des conditions atroces.

Dans le livre de Jean Luc Einaudi « Octobre 1961, un massacre à Paris » on voit apparaître plusieurs fois le nom d’Aubervilliers. Parmi eux : « Alilou Hocine, domicilié 30, rue Baudin à Aubervilliers, Barache Rabah, repêché dans le canal Saint-Denis, un morceau de chiffon blanc dans la bouche et noué derrière la tête, les mains liées dans le dos. Il a été tué d’une balle dans la tête. Il demeurait dans un hôtel 51, rue des Cités à Aubervilliers. ».

Il est temps que la France reconnaisse et condamne ce crime d’état contribuant ainsi au rapprochement entre le peuple algérien et le peuple français.

Plusieurs initiatives sont prévues à Aubervilliers :

- Vendredi 17 octobre, de 11 h à 11 h 45 : dépôt de gerbes et lancer de fleurs dans le canal à la passerelle de la Fraternité, rue Lounès Matoub

- Vendredi 17 octobre, à 20 h 30 au cinéma Le Studio rue Edouard Poisson : projection et rencontre autour d’un documentaire inédit, "Octobre à Paris", réalisé par Jacques Panijel, à l’initiative de l’association "93 au coeur de la République". Soirée suivie d’un débat avec l’historien Gilles Manceron. Entrée : 4,50 €

- Samedi 18 octobre à 19 h à l’espace Renaudie : soirée hommage organisée par "93 au coeur de la République" et le Conseil local des jeunes qui proposera au public de réagir à partir d’un théâtre forum interprété par ses membres. Entrée libre.

4 Messages

  • Hommage aux algériens assassinés le 17 octobre 1961 Le 20 octobre 2014 à 15:57, par bascoulergue alain

    N’étant pas informé de ces événements par mes relations ni ma famille, j’ai pour la première fois découvert le crime d’Etat à la lecture de ’’Meurtres pour mémoire’’ de Didier Daeninckxs lors de sa sortie en librairie en 1983. je lui reste reconnaissant de m’avoir ouvert les yeux sur ces crimes atroces et sur ce qu’ils dévoilaient de la force de l’idéologie coloniale et raciste dans notre pays, idéologie qui, à. nouveau, reprend du service.
    Lors de la soirée d’évocation et d’hommage aux victimes, ce 17 octobre 2014, au Studio, un jeune homme aprés avoir vu le film consacré à restituer le déroulement de cette journée infenale, a interpellé l’historien Gilles Manceron en ces termes : "Est-ce qu’à trop évoquer ces moments de l’histoire, vous ne prenez p.as le risque de flétrir le roman national". C’est peu dire que les bras m’en sont tombés. Mais je vous laisse le soin d’y réfléchir et si vous en jugez l’utilité, de le commenter.
    Alain Bascoulergue.

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    • Oui, les bras m’en tombent aussi Le 22 octobre 2014 à 09:52, par Vlad

      Voici donc une conception qui fait du "roman national" (curieuse expression au demeurant) un long fleuve tranquille alors que notre histoire est faite de bruit et de fureur. Je préfère quant à moi que l’on éclaire tous les recoins obscurs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui car les bisounours n’ont pas encore pris le pouvoir.

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  • Hommage aux algériens assassinés le 17 octobre 1961 Le 21 octobre 2014 à 12:55, par Anthony

    Il y avait beaucoup de monde à la cérémonie, ce 17 octobre 2014, en souvenir du massacre de centaines d’algériens venus manifester pacifiquement à Paris contre la mise en place d’un couvre-feu injuste en pleine guerre d’Algérie.

    Après la dépose des gerbes, nombreuses elles aussi, des prises de paroles ont eu lieu.

    En présence du Consul d’Algérie de Bobigny, du Maire Pascal Beaudet, du député au parlement européen Patrick Le Hyaric ainsi que de nombreux élus de la Ville et des représentants de partis politiques, dont le Parti communiste.

    Ce rassemblement existe depuis 1997 et Aubervilliers fut l’une des premières villes à mettre en place cette initiative pour se souvenir mais aussi afin de faire pression pour exiger la reconnaissance de ce massacre comme un crime d’Etat.

    En 2012, la France a enfin reconnu ce massacre mais pas encore comme un crime d’Etat et les archives concernant cet évènement sont toujours closes.

    Ce serait pourtant bien nécessaire pour faire la lumière entière sur ces évènements, ce qui permettrait à tous de mieux expliquer cette partie sombre de notre histoire commune.

    C’est ce que n’ont pas manqué de souligner tous les intervenants à cette cérémonie.

    53 ans après les faits, il était impressionnant de voir autant d’habitants se réunir pour se souvenir et réclamer. Des initiatives ont eu lieu sur ce sujet par l’association « Le 93 au cœur de la République » qui chaque année travaille de manière originale sur ce sujet.

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    • L’histoire est un combat Le 23 octobre 2014 à 22:54

      L’histoire est un combat, la vérité est en marche, mais attention dans cette lente et pénible progression à ne pas écraser les pieds des petits camarades ! Les Albertivillariens ont pu se réjouir de cette commération du 17 octobre. Les plus anciens, ou les plus avertis d’entre eux, savent que la première commération ne date pas d’octobre 97, comme l’indique ici même un certain "Anthony" mais de 95, date à laquelle les élus socialistes d’Aubervilliers ont pris l’initiative de parler de l’événement et de faire de Fatima Bédar, le symbole de la répression d’Etat. Alors, 97 ou 95 ? S’agit-il là d’un point de détail ? Non. Pour de plus amples informations, vous pouvez lire "Une ville peut en cacher une autre, chroniques d’Aubervilliers » de Jacques Salvator, 2007 et plus particulièrement le chapitre "Elle s’appelait Fatima Bedar". Vous y trouverez des références aux historiens de la période ainsi qu’au travail de D. Daeninckx. Nous avons trop longtemps souffert du silence sur ces événements pour supporter aujourd’hui qu’on répande des demi-vérités sur le rôle et la place de chacun dans cette histoire.

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