GAZA : Une déclaration de Patrick Le Hyaric

Les bombes tombent dans un silence assourdissant !

vendredi 11 juillet 2014

"Depuis 3 jours, le gouvernement israélien a déclenché son opération « Haie de protection » sur la bande de Gaza qui vit sous blocus inhumain depuis 2006.

Chaque jour qui passe est encore plus meurtrier que le jour précédent. Le gouvernement israélien dit avoir bombardé 840 cibles dans le cadre de cette campagne, notamment des sites de tirs de roquettes et les logements de membres du Hamas ou du Djihad islamique que l’Etat hébreu considère comme des centres de commandement des activistes palestinien. Cette opération militaire de grande ampleur, se justifierait selon Netanyahou, pour répondre aux nombreux tirs de roquettes dirigés contre les principales villes d’Israël, notamment Tel-Aviv, Jérusalem ou encore Haïfa. Heureusement, elles ont soit été arrêtées par le système de défense « Dôme de fer », soit se sont écrasées dans des endroits où elles n’ont fait aucune victime.

Par contre, le bilan à Gaza est déjà très lourd et vient contredire la version officielle des autorités israéliennes. Ce n’est pas le Hamas qui est visé par des frappes chirurgicales, c’est tout un peuple qui vit sous les bombes et donne du travail aux nombreux chirurgiens gazaouis qui opèrent dans des conditions très précaires.

Au moins 85 personnes ont été tuées dont 14 femmes et 25 enfants, plus de 764 blessés dont plusieurs dizaines se trouvent dans un état grave. 103 maisons, 12 mosquées, 20 bâtiments publics, 22 coopératives agricoles et 6 centres éducatifs sont totalement détruits. 10 écoles et 4 clubs sportifs se trouvent très endommagés.

Le gouvernement israélien envisage le pire. Sous pression des personnalités politiques les plus droitières et extrémistes de son gouvernement, le Premier ministre Netanyahou peut intervenir militairement au sol dans Gaza. Le rappel de plus de 20.000 à 40.000 réservistes laisse craindre que cette solution soit bien envisagée. La dernière opération militaire au sol, c’était « Plomb durci » pendant l’hiver 2008-2009 et les victimes se comptaient par milliers.

Alors non, rien ne peut justifier une telle représailles qui s’abat sur tout un peuple. Le silence étourdissant des principales chancelleries et l’indifférence totale de la « communauté internationale » jusqu’à tard hier soir étaient insupportables.

Le communiqué de presse de l’Elysée est impardonnable et en rupture avec les orientations traditionnelles de la France. Il n’y a ici aucune symétrie possible entre une puissance occupante et un pays occupé. Pourtant François Hollande « a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé (à Netanyahou) que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. ».

Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Il faut absolument que le mouvement de solidarité internationale fasse pression sur les gouvernements pour qu’il oblige le gouvernement israélien à cesser cette attaque. Et qu’ensuite la communauté internationale et les Nations Unies contraignent le même gouvernement à respecter le droit international, qui seul peut établir une paix juste et durable au Proche-Orient."

Patrick Le Hyaric
député européen
le 10 juillet 2014

2 Messages

  • Les bombes tombent dans un silence assourdissant ! Le 12 juillet 2014 à 19:34, par Cauchemardesque

    La "France condamne fermement les agressions" contre Israël, a affirmé le président de la République, qui venait d’assurer Benyamin Netanyahou de sa "solidarité" avec Israël. Rappelant, comme à l’accoutumée, la "nécessité de prévenir l’escalade de la violence", le président français est allé bien plus loin que Ban Ki-moon. "Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces", a-t-il souligné dans le communiqué. Si la condamnation des tirs de roquettes palestiniennes est entièrement justifiée, le chef de l’État n’a eu, en revanche, aucun mot pour les pertes civiles palestiniennes.

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    • Pour se faire une idée, Gaza c’est 360 kilomètres carrés : la superficie de Paris + la Seine Saint Denis.

      Dedans, plus de 1,7 million de personnes.
      Tirer sur Gaza, c’est donc littéralement "tirer dans le tas".

      1 300 tués (dont un tiers d’enfants) la dernière fois. Déjà plus de 100 morts cette semaine.

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