la lutte des intermittents et précaires au Théâtre de la Commune

le communiqué lu avant la conférence du Campus Condorcet lundi 16 juin

lundi 16 juin 2014

Lundi soir, avant la conférence du Campus Condorcet qui avait lieu au Théâtre de la Commune, Frédéric Sacard, directeur-adjoint du théâtre a déclaré que l’ensemble de l’équipe du théâtre était mobilisé dans la lutte menée par les intermittents et précaires. Ceux-ci ont choisi d’assurer le bon déroulement de cette dernière conférence de l’année.

Le communiqué suivant a été lu par Frédéric Sacard avant le début de la conférence :

« Suite aux pressions subies et aux propos méprisant de M. Rebsamen :"Je suis tenu de signer l’agrément" nous avons décidé de ré-occuper et bloquer totalement le festival.

Nous exigeons du ministre du travail, Mr Rebsamen qu’il n’agrée pas l’accord du 22 Mars. Nous avons lu l’accord du 22 Mars ! C’est bien l’ensemble de l’accord que nous dénonçons et contre lequel nous nous battons !!!

Parce qu’il y a des millions de salariés pauvres, en France et en Europe ;

Parce que cet accord fait peser 400 millions d’euros d’économies sur les seuls demandeurs d’emploi alors qu’aujourd’hui, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés.

Parce que, aujourd’hui, 86% des embauches se font en CDD ;

Parce que les nouvelles règles de l’assurance chômage sont prédéterminées par un objectif de diminution des dépenses de l’assurance chômage sans jamais poser la question des recettes.

Parce que, réformes après réformes, des économies sont encore faites sur le dos des pauvres, priés de devenir toujours plus pauvres ;

Parce que les droits rechargeables, vendus par la CFDT comme une conquête, sont la pire solution à l’intermittence de l’emploi ;

Parce qu’il a été négocié dans les locaux du MEDEF avec des méthodes qui constituent un réel déni de démocratie : interruptions interminables de séances, conciliabules de couloirs, arrangements bilatéraux hors de la salle...

Parce que, depuis ces vingt-cinq dernières années, le MEDEF et la CFDT règnent sur la direction de l’Unedic, tout en méprisant les premiers concernés et restent sourds à leurs propositions,

Parce que toutes les mesures de précarisation que prévoit l’accord du 22 mars, s’inscrivent dans le cadre d’une casse généralisée de la protection sociale (attaques contre la sécurité sociale, code du travail,..) tout comme le "pacte de responsabilité“ qui, au nom du coût du travail, prévoit 30 milliards de baisse de cotisations sociales pris sur la partie mutualisée de nos salaires ;

Parce que les annexes 4, 8 et 10 de l’assurance chômage font partie des rares dispositifs de protection sociale en Europe, pensés pour l’emploi discontinu et qu’elles sont une nouvelle fois attaquées ;

Parce que, aujourd’hui, l’annexe 4 des intérimaires est vidée de son contenu et que, pour les intérimaires, c’est une baisse qui peut atteindre jusqu’à 300€ par mois, parce que les intermittents hors spectacle et audiovisuel ne font plus partie de l’annexe 4 (ils ont disparu du titre entre le 22 Mars et le 14 Mai).

Nous occuperons, nous ferons grève, nous parlerons, nous perturberons, nous bloquerons tant que nos revendications et propositions ne seront pas entendues et prises en compte.
CE QUE NOUS DÉFENDONS NOUS LE DÉFENDONS POUR TOUS !!!
 »

1 Message

  • A lire pour comprendre tout simplement... Le 17 juin 2014 à 14:23, par lecteur

    l’humanité de ce jour 17 juin - L’éditorial de Paule Masson ; aucun salarié ne fait jamais grève par plaisir. Pour un cheminot comme pour un intermittent du spectacle, c’est toujours un crève-cœur d’en arriver à cesser le travail, ultime moyen utilisé quand tous les autres ont échoué.

    On pensait que personne, à gauche, ne s’était habitué aux saillies de Sarkozy contre les syndicalistes, les grèves, les manifestations. Et voici que depuis le début du mouvement des cheminots, les libéraux et leur presse mal-pensante se déchaînent contre les « jusqu’au-boutistes » et les « ultras » sans qu’aucun ministre socialiste ne trouve rien à redire aux contre-vérités manifestes qu’ils répandent. Plusieurs d’entre eux osent même expliquer aux agents de la SNCF qu’ils font grève pour rien. À croire que les grévistes arrêtent de faire rouler les trains, juste pour empêcher les lycéens de passer leur examen ! Au royaume de l’absurde…

    Aucun salarié ne fait jamais grève par plaisir. Pour un cheminot comme pour un intermittent du spectacle, c’est toujours un crève-cœur d’en arriver à cesser le travail, ultime moyen utilisé quand tous les autres ont échoué. Plutôt que de continuer de déconsidérer ces mouvements, peut-être est-il temps d’écouter ce qu’ils revendiquent vraiment. Car ils ont beaucoup à dire, et depuis longtemps, les cheminots pour défendre un service public de transports de qualité, les intermittents pour sécuriser la précarité du travail et défendre la culture. La solidité de ces deux luttes repose sur une conviction : une autre réforme est possible.

    La CGT cheminots a par exemple élaboré une proposition complète pour que le transport ferroviaire devienne un service public moderne, avec une entreprise unique, dotée d’un financement pérenne, qui investit pour répondre aux besoins des usagers et des salariés. La coordination des intermittents et la CGT culture, eux aussi, ont élaboré un modèle alternatif d’indemnisation des artistes et des techniciens du spectacle, visant à garantir plus d’équité dans les règles d’accès et d’indemnisation. Plus juste, il ne coûte pas plus cher.

    Ces deux mouvements ont leur vie mais chacun porte haut l’intérêt général. Ils se battent pour eux, autant que pour nous tous.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article