A la veille de la journée d’action du 18 mars contre le pacte de responsabilité

Municipalité dévaluée fait appel à ministre dévalué pour réévaluer l’éducation prioritaire

mardi 18 mars 2014

"Y’en a qu’ont pas tout compris" s’exprime un parent d’élève présent devant la mairie pour réclamer de véritables moyens pour l’éducation prioritaire. Il venait de recevoir des mains de l’adjoint à l’enseignement la copie d’un courrier rédigé par les huiles socialistes du département pour défendre les moyens de l’éducation prioritaire dans le 93 auprès du ministre Peillon.

On croit rêver !

Certains des signataires du courrier sont ceux qui à l’Assemblée au Sénat et dans les collectivités locales soutiennent la politique gouvernementale qui conduit Hollande au pacte de responsabilité et à la réduction de 50 milliards d’euros de dépenses publiques. Qui peut croire que la Seine Saint Denis puisse être épargnées par des coupes sombres qui inévitablement se traduiront en terme de dotations aux collectivités locales (- 10 milliards déjà pour cette année), en termes de service publics, notamment d’enseignement.

Courrier faux-cul

Plutôt qu’un courrier faux-cul qui manie le brossage dans le sens du poil du ministre Peillon et des incantations (tiens, c’est le terme longtemps utilisé par Salvator pour stigmatiser les positions de Pascal Beaudet) on aurait préféré une démarche large et rassembleuse avec les élus, les parents et les enseignants. C’est d’ailleurs cette option que les deux derniers souhaitaient faire prévaloir à Aubervilliers estimant ainsi qu’ils auraient plus de poids. C’est aussi par des actions rassembleuses que par le passé, des équipements et des moyens avaient été arrachés aux pouvoirs publics. On pense notamment au métro ou plus récemment au conservatoire dont la subvention avait été rétablie in-extrémis grâce surtout à la mobilisation des parents et des personnels.

Pour la municipalité, on ne peut pas être toujours performant... De là à l’être jamais...

Et bien non, la municipalité qui aurait tout à gagner pour sa ville en s’appuyant sur la combativité de sa population préfère faire cavalier seul en s’inscrivant dans une démarche politicienne dans laquelle personne ne reconnaît ses petits et dans laquelle il n’y a pas grand chose à gratter, au contraire, pacte de responsabilité oblige.

Armand D

11 Messages

  • Voilà l’illustration de la prétention et de la suffisance de la municipalité actuelle :

    - prétention parce que s’imaginer que Peillon va découvrir la situation de la Seine Saint Denis par le courrier de Guigou Goldberg Salvator and co alors qu’il a comme conseillers au ministère des anciens du 93 qui connaissent la situation sur le bout des doigts, c’est pas seulement prendre ces derniers pour des cons mais plus grave, c’est prendre les administrés pour des imbéciles.

    - suffisance parce que laisser croire, à l’instar du fameux téléphone de Salvator, que les mêmes élus qui défendent le pacte de responsabilité vont réussir à faire l’inverse pour le département !

    C’est une erreur stratégique de fonctionner ainsi, là où on sait que ce qui a été obtenu pour le 93 ou pour la ville l’a généralement été par la mobilisation du plus grand nombre.

    Répondre à ce message

  • Voilà encore une démonstration du sectarisme de certains.
    Quand les communistes s’adressent au ministre, à l’état, au gouvernement , ils ont entièrement raison de le faire. D’ailleurs le programme de M. Beaudet regorge de ce genre de propositions pour régler les problèmes : l’insécurité, les rythmes scolaires, le logement, etc.
    Quand les socialistes le font, c’est un flot de considérations désagréables qui leur tombent dessus.
    Continuez comme çà et vous saurez pourquoi vous êtes appelés à rejoindre les dinosaures de l’histoire du communisme et les fossoyeurs d’une gauche qui un jour s’est appelée plurielle.

    Répondre à ce message

    • Ce n’est pas du sectarisme, c’est du bon sens : demander plus à un Etat qui a moins parce qu’il a fait le choix d’avoir moins en réduisant son budget de 50 milliards, c’est peu crédible. C’est tout.

      Ne pas inscrire son action dans des rapports de force qui mobilisent la population est totalement inéfficace.

      Faisons la liste de ce qui a été obtenu par les mobilisations... A qui fera-t-on croire que le téléphone de Salvator a servi à quelque chose ?

      Demandez aux parents et profs du conservatoire, à ceux qui se sont mobilisés pour le métro...

      Répondre à ce message

      • C’est vrai ! La rencontre entre le ministère, les maires d’Aubervilliers et de la Courneuve, les directeurs du CRR, les élus à la culture, des membres du CA du CRR n’ont certainement servis à rien...
        De plus, la rencontre avec les directeurs du CRR, le directeur académique, les inspecteurs pédagogiques, les IEN,les conseillers pédagogiques en musique et des élus du CA autour des questions de l’implication du CRR dans les activités musicales sur temps scolaire n’ont sans doutes pas servi à grand chose ...

        Et on se permet de parler d’un simple coup de téléphone au ministre.

        Quel mépris pour le rôle de chacun !

        Répondre à ce message

        • Le mépris pour la population d’Aubervilliers et de la Courneuve, le mépris pour les enseignants du CRR, c’est de passer sous silence leur forte mobilisation sans laquelle rien n’aurait été obtenu.

          Répondre à ce message

          • C’est plutôt le contraire , seule la lutte -légitime- des parents et des professeurs a été mise en avant dans ce dossier.

            Il faudrait reconnaître une fois pour toutes, que sur ce sujet, chacun a fait du mieux possible, à sa place et dans son rôle.

            Que demander de plus.
            Le reste’ n’est que basse politique politicienne.

            Répondre à ce message

            • A propos du conservatoire et de la subvention qui a finalement été rétablie...

              Non, la municipalité a eu comme d’hab du retard à l’allumage. Pourquoi la lettre de Marest qui dénonçait la suppression de la pétiton avait elle été retirée du panneau d’affichage des professeurs... Par qui ? Sur injonction de qui ? Cette lettre qu’on a retrouvé ensuite dans la pétition qui a réuni 6000 signataires...

              Répondre à ce message

            • Il faudrait reconnaître une fois pour toutes, que sur ce sujet, chacun a fait du mieux possible, à sa place et dans son rôle.

              Faire de son mieux, c’est bien, faire efficace, c’est mieux, ne pas torpiller ceux qui sont capables de mobilisation, c’est encore plus efficace.

              Oui, de temps en temps il faut considérer que les égos ne suffisent pas à régler les problèmes et que la population peut avoir non seulement son mot à dire mais aussi une certaine efficacité quand elle réagit...

              En tout cas, dans notre ville et notre pays, c’est ainsi qu’ont pu être obtenues la plupart des conquetes qu’elles soient sociales ou autres... Léon Blum n’a pas fait avec son téléphone pour les congés payés... Mais si Salvator fait mieux avec le sien, s’il le fait croire et même s’il arrive à s’en convaincre lui même, tant mieux pour lui, mais ça ne convainc pas grand monde...

              Répondre à ce message

  • On a deux stratégies opposées : Beaudet, c’est faire avec les gens, soutenir leur mobilisation quand elles vont dans le sens de la justice. Et aussi mobiliser quand c’est nécessaire. C’était le cas pour l’école Anne Sylvestre, le conservatoire, le métro...
    Salvator, c’est prendre son téléphone pour obtenir du ministre qu’il connait bien satisfaction. C’est comme ça qu’il a fait croire et peut-etre meme qu’il a cru lui meme avoir rétabli la subvention du conservatoire, alors que c’est Hafidi qui avait tout fait !

    Répondre à ce message

  • Des profs et des parents de Seine-Saint-Denis se font molester en interpellant publiquement Vincent Peillon sur sa politique de démantèlement des ZEP

    Cette politique sacrifie les enfants de Seine-Saint-Denis et le ministre refuse tout dialogue

    Communiqué des parents et des enseignants des collèges de Saint-Denis – Jeudi 20 mars

    Aujourd’hui, une dizaine de parents et de professeur-es de Saint-Denis (93) ont interpellé le ministre de l’éducation venu soutenir en meeting électoral le candidat PS local. Après avoir respecté les prises de parole des co-listiers et du candidat qui présentaient les enjeux locaux, les parents et professeurs ont interpellé Vincent Peillon au début de son discours en scandant : « Moyens diminués, élèves sacrifiés » et en brandissant des banderoles roses marquées « Peillon, voleur, rends-nous nos heures » ou « la trahison, c’est maintenant ». Évacués par les services de sécurité, les professeurs et parents ont été molestés par certain-es militant-es socialistes. Des coups ont été donnés, un enseignant a été traîné à terre , son coude blessé, un pompier a dû intervenir, un autre a été traîné contre une grille, le visage pressé, une banderole arrachée.

    La « réforme de l’éducation prioritaire » annoncée en janvier par le gouvernement est dans la continuité des politiques de l’UMP. Elle se solde par une diminution drastique des moyens dans la majorité des établissements ZEP du 93. Les quelques établissements à qui l’on annonce des moyens stables ont un besoin vital de moyens supplémentaires pour compenser les pertes constantes des dernières années. Et la petite minorité de REP+ n’a de moyens supplémentaires que ceux pris aux autres collèges1.

    L’Etat consacre 50 % de financement de moins pour un élève du 93 que pour un élève de Paris (référé de la Cour des comptes, juillet 2012). Les 400 millions d’euros annoncés à grand renfort d’interventions médiatiques ne représentent qu’1 % du budget de l’Education nationale, alors que l’éducation prioritaire concerne 20 % des élèves. Les représentants de l’Etat nous disent que les études de nos élèves coûtent encore trop cher et nous privent de ces moyens ! La majorité nous a promis « le changement, maintenant ». En matière d’éducation prioritaire, il n’y a aucun changement ; pire, la politique de l’UMP a été prolongée, assumée et aggravée depuis deux ans. Le mensonge de l’actuelle législature est patent.

    Depuis plus d’un mois, nous nous mobilisons, à Saint-Denis2 et ailleurs, pour réclamer un réel plan d’urgence pour les ZEP, un rattrapage des moyens perdus depuis plus de dix ans, le respect des seuils d’élèves par classe, et leur diminution, bref pour obtenir les moyens indispensables pour compenser les inégalités de territoire et les inégalités scolaires. Vincent Peillon a refusé d’honorer les demandes de rendez-vous, nous a ignorés et se déconnecte volontairement des réalités de terrain des quartiers populaires.

    Ce jeudi, soucieux de faire gagner quelques voix au candidat PS de la ville, Vincent Peillon s’est rappelé que le 93 existe et s’est rendu à un meeting électoral à Epinay-sur-Seine. Notre intervention ne visait qu’à le mettre face à ses responsabilités et démentir ses mensonges : non, il ne réforme pas les ZEP, il les détruit.

    Plutôt que de se déplacer dans le 93 pour de seuls motifs électoraux, le ministre de l’Education nationale devrait s’y rendre pour évaluer les dégâts que sa politique va engendrer et les moyens qu’il devrait réellement engager pour l’avenir de nos élèves et de nos enfants. En lieu et place du dialogue que nous demandons depuis des semaines, Peillon n’oppose que répression, mépris et violence.

    En l’état actuel, la rentrée de septembre 2014 n’est même pas envisageable. Cela engage le ministre et la trace qu’il laissera dans l’histoire. Mais cela engage aussi et surtout l’avenir de centaines de milliers d’enfants.

    1Lire le document de position des établissements de Saint-Denis : http://zepencolere.org/Document-de-position-des-colleges

    2Lire le compte-rendu de la mobilisation à Saint-Denis la semaine dernière dans le journal local : http://www.lejsd.com/index.php?s=21&r=21691

    Répondre à ce message

  • La question de l’éducation prioritaire reste prioritaire... A propos de Charlotte Delbo...

    L’école Delbo en grève pour la ZEP (Le parisien)
    N.P. | 30 avril 2014, 07h00

    Le groupe scolaire Charlotte Delbo est resté fermé hier. Tous les enseignants étaient en grève pour exiger le classement de cet établissement en Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP). Les professeurs réclament « le respect des effectifs par classe, soit 23 élèves en élémentaire, 25 en maternelle, un enseignant supplémentaire et la décharge totale de classe des deux directions d’école ». Les instits de cette école sont à l’origine de l’appel des écoles non-ZEP de Seine-Saint-Denis qui demandent la classification ZEP. Ce mouvement mobiliserait une trentaine d’écoles du département. « Aucune classification ZEP n’est délivrée pour nouvelles écoles de Seine-Saint-Denis, dénonce le syndicat Sud Education. Il en est de même pour de nombreuses écoles plus anciennes non classées ZEP alors qu’elles font face à des difficultés sociales toujours plus grandes. » Les enseignants de l’école Delbo et plusieurs syndicats enseignants appellent les écoles concernées à un nouveau mouvement de grève la semaine prochaine.

    Répondre à ce message