Décès de Fernand Tuil

La Palestine a perdu l’une de ses voix les plus ardentes

jeudi 26 décembre 2013

Fernand Tuil nous a quittés mardi 24 décembre, nos pensées vont avant tout à son épouse Isabelle Tordjman , à ses enfants et à toute sa famille ici et ailleurs, car c’était un citoyen du monde, dont les origines profondément enracinées dans la Méditerranée, de la Tunisie aux nationalités française, israélienne et palestinienne se retrouvaient dans cet homme ouvert, disponible et tellement généreux.

Il aura été la voix des Palestiniens de par le monde, sillonnant la France, l’Europe et chacun des pays où il pouvait s’exprimer sur le droit des Palestiniens à la dignité, à la liberté de vivre dans un État souverain. Il a fait du droit au retour des réfugiés une des batailles qu’il fallait mener pour réparer l’injustice. Militant communiste, éternel indigné ; qui n’a pas été interpellé par ses prises de paroles pleines de conviction appelant à plus de mobilisations, plus d’échanges et plus de solidarités ? Conduisant de nombreuses délégations d’élus, de militants, de citoyens aux opinions diverses, de jeunes, de femmes qu’il aura convaincus de se rendre en Palestine occupée, n’oublieront jamais ce qu’ils ont vu et entendu. Il nous le répétait souvent, il faut témoigner, refuser l’oubli et la banalisation.

À Aubervilliers, ville à laquelle il était très attaché, souvent invité par les associations ou les élus, il a toujours répondu à l’appel, pour dire qu’ils avaient besoin de nous et comme il aimait à le dire pas de notre charité ou de notre compassion mais de notre solidarité et de notre soutien politique. En juin dernier, à la Villa Mais d’ici, alors qu’il combattait la maladie il était parmi nous pour témoigner, de retour d’un séjour en Palestine, avec plusieurs élus et militants associatifs et syndicaux.

Pionnier du jumelage France/Palestine, dont le premier aura été signé entre le Camp de Réfugiés de Deheisheh et la Ville de Montataire dès 1989, il fonde l’association pour la promotion du jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises, qu’il copréside avec Ahmed Muheissen. Son action s’étend à une cinquantaine de villes françaises, actuellement, jumelées avec les camps de réfugiés en Palestine, au Liban, en Syrie et en Jordanie.
Respecté et écouté des Palestiniens avec qui il échangeait en arabe, accueilli par les plus hautes autorités palestiniennes, du regretté Yasser Arafat au Président Mahmoud Abbas, reçu par les députés à la Knesset, par les progressistes et communistes israéliens, c’était un homme de conviction et de dialogue.
Pour défense ses valeurs, il ne ménageait aucun effort, et ce,jusqu’au bout : ces trois derniers mois, de la Fête de l’Humanité, sur la question des prisonniers aux côtés de Fadwa Barghouti, à sa participation aux Dix années du Forum des Collectivités Européennes pour la Paix au Proche-Orient le 28 novembre, à Dunkerque.

Il ne supportait pas les discriminations, le rejet de l’autre, fervent défenseur du vivre ensemble, de l’avenir des jeunes et du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers, il était de toutes les manifestations, pétitions ou débats.

C’est une injustice qu’un homme aussi dévoué parte si tôt, emporté par la maladie, ravi aux siens et à tous ceux qui l’ont connu, qui le pleurent depuis qu’ils ont appris la triste nouvelle.

Les communistes d’Aubervilliers ont perdu un camarade et un frère, un hommage lui sera rendu, par la Section en Janvier.

Ces obsèques auront lieu le lundi 30 décembre au Funérarium de Montreuil.

La Section du PCF

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